
Stress : comment l’apprivoiser ?
Mal ancien ou mot nouveau ? Que savons-nous exactement du stress ? Qu’il nous gâche la vie ; qu’il peut servir de signe précurseur à une dépression et que, pour le faire fuir, les tisanes relaxantes ne suffisent pas toujours. Côté chiffre, selon l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, 40 millions d’Européens seraient concernés par le stress : ce qui n’a rien d’anodin.
« Le stress existe probablement depuis la nuit des temps », explique le Dr Charly Cungi, psychiatre et auteur de Savoir gérer son stress en toutes circonstances (éd. Retz, 17,90 €). Il ajoute : « Nos ancêtres n’avaient pas moins de raisons de stresser que nous même : un ouvrier dans les années 1930, par exemple, travaillait soixante heures par semaine à un rythme intensif, sans aucune sécurité de l’emploi et dans des conditions souvent dangereuses ». Autrement dit : on stresse depuis toujours. Reste qu’aujourd’hui, les « stresseurs », à savoir les facteurs déclencheurs, ont changé de profil.
Désormais, on reçoit beaucoup plus d’informations, on doit prendre des décisions rapidement, s’adapter à de nombreux changements, et cela dès l’école, jusque dans la vie professionnelle et sociale, mais aussi familiale puisque le nombre de divorces atteint 50% dans certaines régions », précise le Dr Cungi.
En France, deux tiers des cadres seraient stressés. Chacun a tendance à réagir en stressant face aux difficultés de la vie : petits soucis à la maison, contrariétés au travail, les enfants qui ont de mauvaises notes à l’école... A court terme, c’est souvent efficace. Mais, à moyen et long terme, c’est différent : la santé est en danger.
En effet, les conséquences pathologiques du stress sont lourdes : douleurs, tensions en tout genre (maux de tête, de dos, de ventre…), troubles cardio-vasculaires (poussée de tension artérielle, palpitations…), retentissement sur l’immunité, insomnies, anxiété, irritabilité, épisodes dépressifs... Et les hommes comme les femmes sont concernés. Avec, toutefois, une accumulation de stress pour celles qui doivent mener de front vie professionnelle et vie familiale : ainsi certaines mères de famille se disent contentes d’aller travailler, pour se reposer de la maison !
Les remèdes ? Heureusement, il en existe. Le Dr Cungi cite notamment les programmes de thérapie comportementale et cognitive : ils proposent « des outils pour mieux gérer le temps ou les décisions importantes à prendre ». Mais, une hygiène de vie plus saine peut également faciliter la chasse au stress. Une alimentation équilibrée, l’arrêt du tabac le cas échéant, ou encore la pratique régulière d’une activité physique, ne serait-ce que marcher 30 minutes par jour, sont autant d’atouts pour retrouver un quotidien harmonieux.
A cet arsenal, viennent s’ajouter des méthodes plus zen, tels que les séances de relaxation ou le yoga. On peut aussi décompresser en allant nager à la piscine une fois par semaine, ou en s’aménageant des pauses-détente le week-end. Un exemple : profitez du samedi ou du dimanche, voire des deux, pour faire une sieste. Allongez-vous, dans une semi-obscurité, une musique douce en fond sonore et laissez-vous aller à la paresse. C’est prouvé médicalement : une sieste d’un quart d’heure peut avoir un effet bénéfique sur la qualité de l’éveil et la sensation de bien-être.










